Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu un simple mythe
Chapitre
16 : Chemin de Traverse et match de Quidditch.
Le lendemain, en ce
milieu d’après-midi, tout était calme chez les Potter. Elizabeth s’était
absentée pour aller prendre le thé chez des amis à elle. James avait été tenté
d’en profiter pour inviter Sirius à passer l’après-midi avec eux, mais il
s’était ravisé, ne souhaitant pas refaire les frais des moqueries de son
meilleur ami, du fait de la présence de Lily chez lui… !
D’ailleurs,
celle-ci était revenue un peu après le déjeuner, justement en compagnie de
Casiopée, la mère de Sirius, qui devait passer ce jour-là au Ministère et avait
donc proposée à Elizabeth de la déposer à Godric’s Hollow… Mais les deux
garçons n’avaient pas vraiment eu l’occasion de beaucoup voir l’adolescente
depuis son retour… ! En effet, l’air encore plus affecté que jamais, elle
avait tôt fait de dire à Elizabeth Potter qu’elle ne se sentait pas très bien
et celle-ci lui avait suggéré de monter se reposer… ! Et la jeune fille
n’était pas réapparue depuis… !
Songeant que ce
dont avait surtout besoin la jeune fille était de tranquillité, les deux
adolescents avaient décidé de prendre à partie cet après-midi de liberté pour
aller jouer au Quidditch.
«- C’est bon, je
l’ai ! lança James, penché à la balustrade de son balcon, à l’adresse de
Harry qui l’attendait en bas. Je descends et j’te rejoint au terrain !
- Tu ne repasses pas par le même chemin qu’à
l’aller ? s’étonna Harry, avant que James ne disparaisse du balcon.
- Non… ! J’vais prendre le chemin
traditionnel pour le retour… ! » rétorqua l’intéressé avant de
repartir dans sa chambre.
Prenant son mal
en patience, Harry suivit des yeux le passage que James avait prit pour
regagner plus vite sa chambre…, autrement dit, en escaladant le mur… !
D’après ce que Harry en avait compris, ce passage servait de “sortie de
secours” au Maraudeur quand, après une quelconque altercation avec son père
(lors des rares fois où ce dernier faisait acte de présence chez eux), il se
retrouvait consigné dans sa chambre… ! Ca lui permettait ainsi de filer en
douce chez Sirius. Mais, si autant Elizabeth (qui n’aimait pas vraiment ces
querelles) était au courant de ses escapades (par l’intermédiaire de Casiopée),
elle n’en disait rien et se contentait d’empêcher son mari de s’approcher de
trop près de la chambre de leur fils quand celui-ci était supposé être consigné… !
Harry secoua la
tête, amusé, et se décida à partir en direction du terrain.
* * * * *
« Non,
Gaïa… ! Tu… ! Ah, saleté ! Reviens ici, espèce
d’andouille… ! » siffla James, en refermant la porte avant de se précipiter
à la poursuite de son chat qui s’était glissé hors de sa chambre alors qu’il
fermait la porte pour partir.
En plus, bien
sûr, l’animal, étant sensé servir de gardien, était soumis à des sorts qui
l’empêchait d’être neutralisé magiquement… ! Donc impossible de le
stupéfixer… ! Tout en pestant, James finit cependant par rattraper son
chat.
« Toi, tu restes
dans la chambre, un point c’est tout… ! commenta-t-il, soulevant son chat
par la peau du cou. Tu n’as pas à sortir sans mon autorisation et… ! »
Un bruit de verre
brisé l’interrompit. Jetant un regard autour de lui, il réalisa que sa
poursuite du chat l’avait mené près de la chambre qu’occupait Lily… d’où
provenait d’autres bruits similaires ! Visiblement, elle ne dormait
pas… !
Intrigué, James
laissa tomber le chat, qui se réceptionna souplement sur ses pattes avec un
miaulement de protestation. Mais son maître ne s’en soucia guère et s’approcha
un peu plus de la porte, collant son oreille contre le battant. Mais il ne
perçu que des éclats de voix incompréhensibles qui ne l’avançaient guère sur la
raison de cette agitation soudaine, mais qui lui laissait entendre qu’elle
était de très mauvaise humeur…
« Mais
qu’est-ce qu’elle fait ? » s’étonna-t-il, en l’entendant déchirer
quelque chose.
James hésita un
moment sur ce qu’il devait faire. Visiblement, s’il frappait, il risquait de se
faire vraiment mal recevoir… ! Mais, sans aucun doute, son “invitée” avait
un problème… ! Elle accepterait sûrement plus facilement Harry, mais celui-ci
devait déjà être au terrain et il n’avait pas vraiment le temps de courir
jusqu’à là-bas le chercher…
“Il faudrait
que tu arrives à lui montrer que, certes, tu es un Maraudeur, mais que, tu peux
aussi être quelqu’un de sérieux et de responsable…” Ce que Harry lui avait
dit la veille lui revint à l’esprit.
C’était l’occasion où jamais…, et puis, il ne se sentait pas le cœur de la
laisser comme ça, alors qu’elle semblait en pleine crise…
Il se risqua à
frapper mais n’obtint aucune réponse. Un peu interloqué, il retenta une fois de
plus…, sans plus de résultat qu’auparavant. Finalement, il inspira profondément
et ouvrit la porte, qui n’était pas verrouillée. Il se figea, stupéfait, sur le
seuil de la porte, en découvrant le désordre qui régnait dans la pièce.
L’origine du
désordre, Lily, était vautré sur le lit, le visage enfoui dans son oreiller, ce
qui étouffait ses cris et ses propos par la même occasion et, disséminés dans
la pièce, des papiers déchirés et des cadres brisés jonchaient le sol. James
évalua la situation du regard, sans comprendre, mais constatant que
l’adolescente ne semblait pas l’avoir remarqué, il se risqua à signaler sa
présence.
« Euh,
Evans… ! »
Elle marmonna
quelque chose, la tête dans l’oreiller.
« Désolé,
j’ai rien compris de ce que tu as dit… ! tenta James, calmement. Mais j’ai
entendu du bruit et je suis venu voir ce qui se passait… ! Et comme j’ai
frappé et que tu répondais pas, je voulais m’assurer que ça
allait… ! »
Elle releva alors
la tête, ses cheveux exceptionnellement décoiffés, retombaient sur son visage,
empêchant le maître des lieux de voir clairement son expression.
«- Ca ne te
regardes pas… ! cingla-t-elle.
- Euh ben, la façon dont tu traites tes
affaires ne regarde que toi mais la façon dont tu saccages une pièce de ma
maison me concerne… ! »
Elle allait
répliquer mais elle se ravisa et resta silencieuse. Semblant se rendre compte
qu’elle ne voyait pas grand chose, elle ramena, d’une main, ses cheveux en
arrière, révélant ainsi ses yeux rougis de larmes où brillait une lueur que
James n’arrivait pas à déterminer avec précision. Jetant un regard autour
d’elle, elle marmonna un vague sort et tout le désordre qu’elle avait fait
disparu du sol et vint s’amonceler sur la table de chevet.
« Voilà, ça
te va ? grommela-t-elle. Je n’ai rien saccagé chez toi si ça peut te
rassurer… ! Maintenant, fous-moi la paix ! » lança-t-elle
sèchement, en cachant à nouveau son visage dans son oreiller.
Mais James resta
là où il était.
«- Evans… !
- Mais tu comprends pas ce qu’on te dit ou
quoi… ? riposta-t-elle en levant légèrement la tête. Laisse-moi
tranquille… !
- Non, Evans… ! Je ne te laisserai pas
tranquille tant que je ne saurais pas ce qui t’a mis dans cet état… ! Tu
ne vas pas bien du tout et ça se voit… ! »
Elle ricana.
« Tu crois
vraiment que je vais te raconter mes problèmes ? A toi… ? Pour que tu
te hâtes de le dire à tes copains et de t’en servir contre moi… ? Plutôt
mourir ! »
James resta
silencieux, offensé. En tout cas, cela semblait donner raison à Harry… Elle ne
le voyait vraiment que en tant que “Potter, le Maraudeur”… !
«- Evans… !
Je ne te demande pas de me dire ce qui t’arrive dans le simple but d’en parler
à mes amis et m’en servir contre toi… ! Ca serait mal me connaître que de
penser ça… ! Je ne suis pas “Potter, le Maraudeur”, au cas où tu ne
l’aurai pas remarqué… ! J’essaie juste d’être gentil… !
- C’est ça… ! rétorqua-t-elle.
Maintenant laisse-moi tranquille… !
- Et ben, ça m’apprendra à vouloir être sympa
avec toi, Evans… ! lâcha-t-il, finalement. Et, pour ton information, je
n’ai parlé à personne de la fois où tu as pleuré et que j’ai passé une bonne
partie de mon temps à te réconforter tant bien que mal… ! Alors, je
comprends que tu aie la tête ailleurs et que tu aies d’autres chats à fouetter,
mais bon… ! C’est pas une raison pour repousser quelqu’un qui ne veut que
t’aider à aller mieux… ! »
Il tourna les
talons.
« Potter… ! »
Pris au dépourvu,
il se retourna, pour rencontrer le regard troublé de la jeune fille.
« Oui ? »
Elle baissa les
yeux.
« Tu peux
vraiment pas t’empêcher de vouloir te mêler de mes affaires, hein ? »
James fronça les
sourcils, se demandant vraiment quelle serait la réaction la plus approprié à
cette remarque.
Il y eut un
moment de silence, durant lequel elle sembla l’ignorer, alors qu’elle
s’asseyait sur le lit et commençait à feuiller un livre qui était resté sur le
lit. Voyant qu’elle n’avait pas l’intention d’en dire plus et se rappelant que
Harry devait l’attendre depuis un moment, il se détourna et quitta la pièce.
Mais, chemin faisant, il aperçu Gaïa dans un pot de fleurs qui se trouvait dans
le couloir.
« Gaïa, sors
de là, imbécile ! s’exclama-t-il avant de se hâter de sortir du pot de
fleur le chat récalcitrant, par la peau du coup. C’est pas tout ça mais il faut
que je te ramène dans ma chambre… ! »
Mais, une fois de
plus, alors qu’il repartait dans sa chambre, il fut interrompu par autre chose.
«- AH NON !
- Et elle est repartit… ! soupira James.
Mais qu’est-ce qui ne va pas avec elle… ? »
Il secoua la
tête, relaissa une fois de plus tomber son chat, et se hâta de regagner la
chambre de Lily , pour la découvrir feuilleter fébrilement l’album.
« Et encore
une… ! » s’exclama-t-elle, rageusement, sans même se rendre compte de
sa présence.
Il la vit
arracher quelque chose, qu’il ne tarda pas à identifier comme étant une photo,
du livre, et la déchirer.
« J’te hais,
j’te hais, j’te hais ! » siffla-t-elle, tout en s’efforçant à la
réduire en plus de petits morceaux possibles.
James
l’observait, interloqué. Mais contre qui en avait-elle à ce point… ? Elle
jeta les morceaux derrière elle et recommença à s’intéresser à son album. James
se risqua à intervenir, alors qu’elle semblait avoir trouver une autre photo
sur laquelle s’acharner.
« Evans… ! »
Elle tressaillit,
mais continua comme si de rien n’était, arrachant ladite photo et reprenant son
“petit manège”.
« Elle est
devenue carrément cinglé ! » songea-t-il, en hésitant un moment sur
ce qu’il devait faire.
Il inspira et
s’approcha d’elle. Une fois près du lit, il eut un nouveau moment d’hésitation
mais il se décida en voyant d’autres morceaux de papier rejoindre les
précédents.
« Evans… !
reprit-il en posant la main sur son épaule. Pourquoi tu te défoulerais pas sur
moi plutôt que sur tes affaires ? Je suis sûre que ça te ferait le plus
grand bien… ! »
Surprise par
cette suggestion, Lily stoppa net dans ses activités et tourna les yeux vers
lui. Elle eut un petit rire sarcastique.
« Merci de
la proposition mais je n’en vois pas l’utilité… ! rétorqua-t-elle. Pour
une fois, ce n’est pas après toi que j’en ai… ! »
James allait
répliquer quelque chose tout en songeant que le “pour une fois” faisait
toujours plaisir à entendre. Mais il se ravisa en apercevant l’une des photos
de l’album que la jeune fille parcourait.
«- C’est ta
famille ? demanda-t-il
- Du moins, c’était… ! »
grommela-t-elle l’air sombre.
James resta silencieux,
tandis que Lily prenait une autre photo.
« Tiens,
celle-là, j’l’aimais bien, mais dommage que, ELLE, elle soit aussi
dessus… ! »
Elle allait la
déchirer, comme les précédentes, mais James l’interrompit.
«- Dis, tu compte
vraiment déchirer toutes tes photos… ?
- Toutes celles où ma…“sœur” sera dessus,
oui… ! rétorqua-t-elle.
- Mais si tu veux garder ces photos de tes
parents, c’est un peu idiot de les déchirer rien que parce que ta sœur est
dessus… ! Alors que grâce à divers sorts de retouche, tu peux effacer
les…indésirables des photos, sans porter atteinte aux autres personnes qui y
figure… ! »
Elle se figea,
jeta un regard à sa photo, et leva les yeux vers lui.
«-
Vraiment… ?
- Ouais… ! confirma James, en souriant,
satisfait d’avoir une occasion de se montrer utile… et aussi de savoir quelque
chose qu’elle ignorait. Tiens, passe-la moi et je te montre… ! »
Elle hésita mais
consentit à lui donner l’objet.
« C’est
celle avec une tronche de cheval qu’il faut enlever… ! » lança-t-elle
avec mauvaise humeur.
James réprima un
sourire à ce commentaire, mais ne tarda pas à constater qu’elle n’avait pas
tort.
«- En tout cas,
on a dû mal à croire que vous soyez sœurs, elle et toi… ! Elle ne te
ressemble pas du tout… !
- Encore heureux… ! rétorqua-t-elle.
Bon, alors, tu l’effaces… ? »
Le ton qu’elle
avait employé était tellement hargneux que James jugea préférable de ne pas
insister. Prenant sa baguette, il redessina les pourtours de la personne à supprimer
(autrement dit Pétunia) tout en murmurant un vague “sējunctĭo”, sous le regard à la fois attentif et sceptique de Lily.
« Anĭhĭlum
fartum ! » lâcha-t-il finalement, en tapotant du bout de sa
baguette la “zone” sélectionnée.
Aussitôt, la
représentation photographique de la sœur de Lily disparu de l’image qui ne
semblait porter aucune marque de cette soudaine disparition. En fait, la
retouche s’était automatiquement faite, de sorte qu’il était difficile, à
quelqu’un qui n’aurait jamais vu la photo auparavant, de savoir qu’il y avait
eu quelqu’un d’autre sur la photo.
Elle prit
l’objet, l’étudia sous toutes les coutures et lui adressa finalement un sourire
reconnaissant.
«- Merci… !
On dirait presque qu’elle n’a jamais été sur la photo… ! lança-t-elle. Et
merci aussi pour le tuyau… ! commença-t-elle, avant de s’interrompre,
semblant repenser à quelque chose. Booon, il ne me restera plus qu’à réparer
tout mes cadres brisés et mes photos déchirées… ! ajouta-t-elle, en jetant
un regard au tas d’objets brisés et déchirées qu’elle avait rassemblé
auparavant sur la table de chevet.
- On dirait bien… ! commenta,
prudemment, James. Au fait, pourquoi tiens-tu tant à faire disparaître toute
trace de ta sœur sur les photos… ? »
Il regretta
aussitôt d’en avoir trop dit car elle se renfrogna aussitôt.
« Désolé… !
ajouta-t-il, précipitamment. Je ne voulais pas… ! Je veux dire, tu as
l’air de vraiment lui en vouloir, pour que tu te sois mise dans cet état… ! »
Elle resta
silencieuse et James attendait un “ça ne te regarde pas, Potter !” ou
“mêles-toi de tes affaires !” mais rien ne vint… ! Ou du moins pas ce
à quoi il s’attendait… !
« Elle a
cessée d’être ma sœur dès l’instant que j’ai su que j’étais une
sorcière… ! » lâcha-t-elle finalement.
Cette remarque
jeta un froid dans la pièce.
« C’est
vrai ? » s’étonna James.
Elle acquiesça
d’un bref mouvement de tête.
«- Entre elle et
moi, nos rapports avaient toujours été tendus… ! Je veux dire, on passait
notre temps à se quereller, les disputes banales dans une fratrie quoi… !
Enfin, tu dois pas connaître ce que c’est vu que tu es fils unique mais… !
- Ben, j’en ai une vague idée…, rien qu’à
voir Sirius avec ses frères et sœurs… ! commenta James. Mais vas-y,
continue… ! »
Elle hésita un
moment puis reprit, d’une voix à peine audible mais parfaitement neutre, les
yeux baissés.
« Mais ça a
commencé à se dégrader dès l’instant où il a commencé à se passer des choses un
peu anormales… ! Je crois qu’elle ne m’a jamais vraiment pardonné lorsque,
une fois, alors que nous étions chamaillé plus violemment que de coutume, après
qu’elle ait jeté ma poupée préférée par la fenêtre, elle se soit retrouvée avec
les cheveux d’un bleu fluorescent… ! Ils sont resté comme ça pendant trois
jours… ! »
James sourit à
cette anecdote.
« Je ne savais
pas encore que c’était moi qui en était à l’origine, mais, elle, elle m’en
portait responsable… ! Au fil des années, il n’a cessé de se passer des choses
totalement inexpliquées et nos relations se sont sans cesse durcies… !
Jusqu’au jour où j’ai reçu ma lettre de Poudlard, m’annonçant que j’étais une
sorcière… ! Passé le premier instant d’étonnement, autant pour moi que
pour mes parents, ceux-ci ont pris cette révélation du bon côté…, mais pas
Pétunia… ! Mes parents ont tout fait pour essayer de la calmer mais ça ne
faisait qu’aggraver les choses… ! Mon père était tout enthousiaste à la
perspective d’avoir une sorcière dans la famille… ! Il fallait voir sa
tête quand, après avoir reçu une lettre du Ministère m’indiquant la marche à
suivre pour accéder au Chaudron Baveur puis au Chemin de Traverse, il m’a
accompagné au Chaudron Baveur… ! Enfin, quoi qu’il en soit, au fil des
années, elle se montrait de plus en plus distante…, et même insultante, à mon
égard… ! Depuis ma troisième année à Poudlard, on ne pouvait plus, elle et
moi, rester dans la même pièce sans se disputer, au mieux… ! Finalement,
l’année dernière, elle s’est mariée avec un Moldu, Vernon Dursley je
crois… ! Un gros porc hideux… ! ricana-t-elle. Et elle ne m’a invitée
au mariage que parce que maman l’a obligé… ! Mais, à la limite, je m’en
fichais… ! J’ai dit à l’employé du ministère qui était venu me chercher à
la maison que je n’avais personne chez qui aller car je savais que ma sœur
n’aurait jamais accepté de me prendre à sa charge pour un petit mois…, même
pas… ! Et que les autres membres de ma famille vivent à l’étranger… !
Ca allait, jusqu’à l’enterrement… ! »
Sa voix se brisa
et elle se tut, reniflant légèrement. James, mal à l’aise, se mordit les lèvres
et s’assit à côté d’elle.
«- Qu’est-ce qui
s’est passé… ? demanda-t-il doucement.
« Après
l’enterrement, comme si ce n’était pas déjà assez dur, elle m’a pris à
part… ! Qu’elle me traite de tous les noms possibles et inimaginables
passent encore… ! Mais pas qu’elle m’accuse d’avoir tué les
parents… ! Comme si c’était de ma faute… ! cria-t-elle, en éclatant
en sanglot. Comme si c’était moi qui avait dit aux parents de sortir en ville
ce soir-là ! Comme si je savais que les partisans de Voldemort
attaqueraient ce soir-là, dans ce quartier ! Cette accusation m’a fait
tellement mal… ! Tu ne peux pas imaginer… ! »
James l’avait,
une fois encore attiré contre lui, la serrant doucement alors qu’elle venait
pleurer contre son épaule.
« J’aimais
mes parents, moi au moins… ! Je ne passais pas mon temps à leur demander
de l’argent pour m’acheter des trucs sans intérêt et passer plus de temps
dehors avec mes amis plutôt qu’à la maison… ! Mais elle ne s’est même pas
préoccupée que je puisse déjà bien assez souffrir de la mort de mes parents,
pour me dire ÇA… ? »
James ne dit
rien, ne sachant pas trop, d’ailleurs, ce qu’il pouvait dire, se contentant de
la laisser pleurer contre lui.
«- Et Pétunia est
allée jusqu’à pousser l’audace de mettre un mot dans mon sac… que j’ai
découvert tout à l’heure… ! Elle me traitait d’assassine, de tout ce que
tu veux… ! Elle a crut bon de préciser qu’elle ne voulait plus jamais me
revoir et que… qu’elle était sûre que j’avais jeté un sort aux parents pour
qu’ils m’apprécient plus qu’elle… ! Comme si une chose pareille avait pu
ne serais-ce qu’effleurer mon esprit… ! s’écria-t-elle, rageusement.
- Non, Evans, tu n’aurais jamais pu faire une
chose pareille, j’en suis certain… ! murmura-t-il, passant la main dans
ses cheveux dans un geste qui se voulait apaisant, ne pouvant s’empêcher d’en
vouloir à la sœur de l’adolescente et de ressentir de la compassion pour sa
camarade. Ta sœur est une abrutie finie qui ne sait pas ce qu’elle dit et qui
est tout simplement jalouse de toi… ! Toi, tu as tout pour plaire… !
Tu es belle, intelligente, maligne, douée, tu as du caractère… ! Alors
qu’elle… ! Je ne la connais pas mais ce que tu m’en dis sur elle me laisse
à penser qu’elle n’est rien de tout ça… ! »
Lily n’avait pu
réprimer un hoquet de surprise en entendant les propos de l’adolescent. Elle
releva la tête, les yeux brillants de larmes.
«- Tu… ? Tu
penses vraiment ce que tu dis… ? demanda-t-elle d’une petite voix
incertaine.
- Oui… ! Bien sûr… ! »
Elle eut un
maigre sourire.
« Merci… ! »
murmura-t-elle en revenant contre lui, au plus grand contentement de ce dernier
bien sûr.
Elle soupira.
«- Mes parents me
manquent tellement… !
- Je m’en doute… ! Mais dis-toi que les
êtres qui nous sont chers ne nous quittent jamais complètement, même malgré la
mort… ! Ils sont toujours là, quelque part, en nous… ! Dans nos
mémoires, dans nos cœurs…, ils sont toujours là, quoi qu’il arrive… ! Et
que, malgré la tristesse que nous inflige leur absence “physique” dans nos
vies, il faut surmonter, en leur mémoire, la douleur et continuer à vivre…,
quoi qu’il advienne… ! Même si je sais que ce ne doit pas être facile à
faire… ! »
Elle renifla
contre lui, mais acquiesça d’un signe de tête, montrant ainsi qu’elle avait
bien entendue ce qu’il lui avait dit. Ils restèrent ainsi un long moment,
jusqu’à ce qu’elle finisse par prendre conscience de l’endroit où elle se
trouvait… dans les bras de Potter… ! Mais, curieusement, elle s’en
fichait… ! Elle était bien où elle était, pour l’instant… ! Et pour
une fois qu’il disait des choses sensées et qu’il ne lui prenait pas la tête
avec ses bêtises… ! Et bien qu’elle ait retrouvée tout son calme, il ne cherchait
pas non plus à s’écarter… !
Finalement, elle
s’écarta, un peu à contre-cœur, de lui, en essuyant ses yeux rougis de larmes.
«- Ca restera
entre nous, ce que je t’ai dit, hein ?
- Oui… ! assura-t-il. Tu en as ma
parole… ! »
Elle acquiesça,
l’air pas totalement convaincu. James se remit debout, mais resta près du lit.
«- Tu t’en
sortiras pour réparer tout ça… ? demanda-t-il, finalement, en désignant le
tas d’objets brisés sur la table de chevet.
- Oui, ça ira, merci… ! »
répondit-elle.
Il y eut un moment
de silence.
«- Il faut que je
pense à y aller… ! Ca fait un moment que Harry doit m’attendre… ! Il
doit commencer à se poser de sérieuses questions… ! Au fait, je sais que
tu n’aimes pas trop le Quidditch et tout ça, mais…, pourquoi tu ne viendrais
pas avec nous… ? Je veux dire, plutôt que de rester toute seule à la
maison… !
- C’est gentil, mais non merci… !
répondit-elle en lui adressant un léger sourire. De toute façon, il faut que je
remette de l’ordre dans mes affaires… !
- Ah… ! Ben, en tout cas, si jamais tu
changes d’avis, on sera sur le terrain, au fond du jardin… !
- Je sais où c’est… ! assura-t-elle.
Mais je ne crois pas que j’aurai besoin d’y… ! Eh ! s’exclama-t-elle
soudain. Vous avez un chat ? »
James, surprit,
se retourna vers l’entrée, pour apercevoir son chat entrer dans la pièce,
s’étant faufilé par l’entrebâillement de la porte.
«- Euh oui, c’est
mon chat, Gaïa… ! expliqua-t-il, mais fais attention, il est plutôt
sauvage… ! ajouta-t-elle en la voyant s’accroupir par terre en tendant sa
main vers le félin qui se trouvait à présent aux pieds de son maître.
- Il n’en a pas l’air pourtant… ! Eh…,
Gaïa… ! » murmura-t-elle, alors que le félin la fixait d’un air
interrogateur.
Elle tendit la
main et, sans signe avant coureur, le chat vint planter ses dents dans l’un de
ses doigts.
«- Eh…
Gaïa… ! Ca ne va pas… ? s’emporta James. Tu…
- Laisse, Potter, ce n’est rien… ! Il a
juste eu peur… ! » le coupa Lily qui ne broncha pas, malgré les dents
plantées dans son doigt.
Le chat ne
semblait pas vouloir lâcher sa prise, les poils hérissés.
« Je lui ai
fait peur, c’est tout… ! Hein Gaïa… ? Tu as eu peur, c’est
tout… ! Mais, tu vois, il n’y a aucune raison d’avoir peur… ! »
Le chat, ne voyant
venir aucune punition, se détendit, lentement, un peu surpris par le calme de
la jeune fille. Il finit par relâcher sa main et, à la surprise de son maître,
lécha la petite plaie ensanglantée. La jeune fille sourit et tendit son autre
main pour caresser le félin qui se laissa faire.
«- En effet, il
était un peu farouche… ! commenta-t-elle, à l’adresse d’un James médusé.
En tout cas, c’est une bête magnifique… !
- Tu aimes les chats ? demanda-t-il.
- J’adore… ! J’ai toujours voulu en
avoir un, mais on n’en a jamais pris… ! Pétunia était allergique aux
chats… ! marmonna-t-elle.
- Ah… !
- Mais, c’est bizarre, je ne l’avais pas
encore vu, ni à Poudlard ni ici…
- Ben, je ne l’emmène pas à Poudlard car il
est trop imprévisible… ! Et, sinon, il reste dans ma chambre… ! Sauf
que, tout à l’heure, quand je sortais de ma chambre, il en a profité pour filer
dans le couloir… ! Et je n’ai pas eu le temps de le ramener là-bas entre
temps… !
- Ben, si tu veux, je peux le garder un
moment avec moi, pendant que tu vas jouer au Quidditch avec Harry… ! Et je
ramènerai ce joli minou dans ta chambre après… ! proposa-t-elle.
- Euh…, c’est à dire que… ! hésita-t-il,
avant de céder devant son regard presque implorant. D’accord, si tu
veux… !
- Merci… ! répondit-elle en souriant.
- De rien… ! Bon, faut vraiment que j’y
ailles… ! conclut-il, avant de se diriger vers la porte, non sans un
dernier regard à l’adolescente et à son chat. Au fait… ! ajouta-t-il, se
rappelant soudain. On va au Chemin de Traverse, demain !
- Je sais, ta mère me l’a dit ce matin…, mais
merci de me l’avoir rappelé… ! Et ne t’inquiètes pas pour ton
chat… ! »
James acquiesça
et quitta la pièce, refermant la porte derrière lui, puis il se décida à
rejoindre Harry qui, en fait, l’attendait dans l’entrée, étant revenu sur ses
pas, se demandant probablement ce qui avait pu le mettre aussi en retard.
* * * * *
« Jimmy,
Harry ! Allez, il est l’heure de se réveiller ! »
Les deux garçons répondirent
par un grognement, alors qu’Elizabeth, pas plus déstabilisé que par ça par le
manque d’entrain des deux garçons, allait ouvrir la fenêtre de la chambre,
laissant une lueur matinale envahir la pièce qui finit de sortir les deux
adolescents de leur torpeur.
«- M’man, il est
que sept heures… ! grommela James, après avoir du plisser les yeux pendant
quelques minutes pour essayer de déchiffrer ce qu’indiquait sa montre.
- Peut-être mais si on ne veut pas qu’il y
ait trop de monde sur le Chemin de Traverse, il faut se lever…
maintenant… ! répondit sa mère, en souriant. Et si tu pouvais prendre
exemple sur Harry… ! ajouta-t-elle, désignant l’autre adolescent qui était
déjà debout et s’étirait paresseusement. Au fait, Jimmy, tu dois retrouver tes
deux amis à quelle heure… ?
- Ben, Sirius, comme d’habitude. Et Remus, il
doit nous retrouver à onze heures chez Florian Fortarôme ! répondit
l’adolescent, en se décidant à remettre ses lunettes.
- D’accord… ! Bon, je vous laisse finir
de vous réveiller… ! »
Sur ce, elle
sortit de la chambre. James, assit sur son lit, soupira en se passant la main
dans les cheveux, tout en jetant un regard à son chat roulé en boule sur son
lit.
« En voilà un qui
se la coule douce… ! grommela-t-il. Il devient pantouflard celui-là,
faudra que je le remette au pas… ! »
Harry sourit à
cette remarque. Visiblement, James n’avait pas pardonné à son chat de
“pactiser” si facilement avec des inconnus… La veille, James lui avait, en
effet, raconté l’incident entre Gaïa et Lily…, et Harry se doutait qu’il
n’avait pas du voir ça d’un très bon œil.
« Eh, Harry,
tu n’as qu’à commencer, dans la salle de bain… ! suggéra le maître des
lieux. Faut que j’trouve la volonté de me traîner jusqu’à la salle de bain, et
ça ne sera pas de trop que tu passes d’abord… ! »
Une fois l’autre
adolescent disparu dans la pièce voisine, James se laissa choir sur son lit,
les yeux fermés.
«- Pourquoi
faut-il toujours se lever tôt quand on doit aller au Chemin de Traverse… ?
marmonna-t-il, tout en jouant machinalement avec la petite chaînette dorée qui
ne quittait jamais son cou depuis qu’il l’avait eu, à son quinzième
anniversaire…
- Pour éviter la foule,
tout simplement… ! »
James sursauta, pris
au dépourvu, se redressa vivement et se retourna aussitôt, son cœur battant
soudain bien plus vite que de coutume, comme à chaque fois qu’elle se trouvait
dans les parages. Lily se tenait sur le seuil de la porte, appuyée contre
l’encadrement, un petit sourire aux lèvres.
«- Evans… ?
Mais qu’est-ce que tu fais là ? s’étonna-t-il.
- Désolée, Potter… ! Je n’avais pas
l’intention de te faire peur… ! commenta-t-elle. Mais, pour te répondre,
ta mère m’a demander d’aller m’assurer que vous n’aviez pas replongé dans les
bras de Morphée… !
- Ben, comme tu peux le voir, je suis bel et
bien réveillé… ! Et Harry aussi… ! » répliqua-t-il.
Elle se contenta
d’un mouvement de tête positif, sans se départir du petit sourire qu’elle
affichait toujours.
« Alors… !
tenta, finalement, James. On dirait que ça va mieux ? »
Elle resta
silencieuse et James pensa qu’elle allait l’envoyer balader, mais,
curieusement…
«- On peut dire
que ça va un peu mieux… ! répondit-elle. Je me suis bien défoulée sur les
photos, en suivant… ta suggestion… ! Au fait, merci de m’avoir laissé ton
chat, hier… !
- Mais de rien… ! »
Elle lui adressa
un bref sourire et il sentit aussitôt son estomac se nouer, puis elle tourna
les talons et quitta la chambre, refermant la porte derrière elle. James resta
un long moment, les yeux dans le vide, continuant à fixer la porte, jusqu’à ce
que Gaïa, visiblement bien réveillé, saute sur ses genoux, le tirant ainsi de
ses réflexions. Il soupira.
« Finalement,
Gaïa, tu vas m’être plus utile que je le pensais… ! » murmura-t-il,
tout en caressant le félin derrière la tête, le faisant ronronner.
Il soupira une
fois de plus et continua à caresser l’animal.
* * * * *
Lorsque les deux garçons
pénétrèrent dans la salle à manger, ce fut pour entendre Lily rire à une
remarque d’Elizabeth. Toutes deux se tournèrent vers les arrivants.
« Ah enfin,
vous voilà tous les deux… ! » commenta Elizabeth en souriant.
Les deux
adolescents les rejoignirent à table.
« De quoi vous
discutiez avant qu’on arrive ? » s’enquit James, tout en recouvrant
un toast de confiture de fraise.
Ni sa mère ni
Lily ne lui répondirent, Elizabeth se contentant d’un petit sourire
énigmatique.
«-
D’accoooord ! soupirèrent les deux garçons.
- Et bien, Jimmy, si tu veux tout savoir, je
disais à Lily que je n’aimais pas particulièrement le Quidditch non plus mais
qu’il fallait bien, tout de même, que quelqu’un vous accompagne voir le match
qui a lieu demain… ! »
James se
renfrogna au surnom que sa mère s’obstinait à lui donner.
«- Et… ?
insista-t-il cependant, ne voyant pas trop ce qui avait pu provoquer le rire de
la jeune fille.
- Et il se trouve que, étant donné que
j’avais une place en plus et qu’il n’était pas question de la laisser seule à
la maison, je lui ai proposée de venir avec nous voir le match… !
- Tu comptes vraiment venir voir ce
match ? s’étonna James, à l’adresse de la jeune fille.
- Tu sais très bien ce que je pense du
Quidditch, mais…oui ! répliqua l’intéressée. Ta mère m’a fait remarqué que
ça ne pourrait que me changer les idées et que…, de plus, un peu d’aide ne
serait pas de trop pour surveiller trois adolescents accros de Quidditch et
surexcités… !
- Hé… ! » protesta James, sûrement
plus pour la forme qu’autre chose.
Harry sourit,
amusé, tout en constatant que les deux se parlaient déjà un peu plus
normalement… ! Il rencontra le regard amusé d’Elizabeth qui sourit et lui
adressa un regard entendu… ! Harry sourit un peu plus largement… et secoua
légèrement la tête.
* * * * *
« EH,
REM… ! » hurla Sirius en faisant des grands signes de la main.
Après le
petit-déjeuner, Harry, Lily, James et sa mère étaient partis pour le Chemin de
Traverse, en passant par chez les Black où Sirius les avait accueillit avec
bonne humeur, sans faire la moindre remarque désobligeante (au plus grand
soulagement de son ami). Mais peut-être étais-ce aussi dû à la présence de
Casiopée qui les avait d’ailleurs accompagnés, devant accompagner Pollux qui
devait rentrer à Poudlard cette année et sachant pertinemment qu’elle ne
pouvait pas compter sur Sirius pour prendre en charge les achats de rentrée de
son frère.
Et, comme
convenu, un peu avant onze heures, les garçons, suivis par une Lily à l’air peu
inspiré par la perspective de devoir supporter James et Sirius durant une bonne
partie de la journée, étaient partis à la recherche de Remus, après que
Elizabeth et Casiopée leur aient fait savoir qu’elles les retrouveraient vers
quinze heures devant le Chaudron Baveur mais que, d’ici là, ils avaient
quartiers libres, tant qu’ils restaient sur l’avenue principale et qu’ils ne
faisaient pas de bêtises, alors qu’elles se chargeraient d’acheter ce dont ils
auraient besoin pour la rentrée. Le petit groupe avait finalement aperçu le
troisième Maraudeur, installé à la terrasse du glacier. Celui-ci, s’entendant
ainsi interpeller, parcouru la foule du regard, et sourit en apercevant ses
amis se frayer un chemin dans la masse de sorciers, déjà importante à cette
heure.
Remus, bien que,
visiblement encore marqué par la dernière pleine lune, restait parfaitement
fidèle à lui-même, alors que le petit groupe repartait à l’aventure sur le
Chemin de Traverse.
«- Au fait,
Lily ! lança Harry, alors qu’ils erraient sur l’allée principale, les
Maraudeurs en tête discutant de tout et de rien. Amy et Elsa ne sont pas
là… ?
- Non… ! soupira-t-elle. Elsa est à Hong
Kong chez sa grand-mère et ne rentre que le trente et un, et Amy est en France
pour les vacances et ne doit revenir en Grande-Bretagne qu’après-demain… !
Les parents d’Elsa ont déjà fait ses achats pour elle et je devais y aller avec
Amy mais… ! expliqua-t-elle, avant de s’interrompre. Quoi qu’il en soit,
je ne les verrai qu’à la rentrée… ! »
Il y eut un
moment de silence.
«- Mais
heureusement que tu es là, Harry, parce que je te jure que je serait très
certainement devenue folle avant la fin de la journée, si j’avais été seule
avec les Maraudeurs. C’est fou… ! Quand il est seul, j’arrive même à
trouver Potter sympa, mais dès qu’il se retrouve avec ses amis… ! Je ne
peux pas le supporter… ! Et pourtant, pour l’instant, ils n’ont pas encore
cherchés à me mettre de mauvaise humeur… !
- Hum… ! commenta, simplement, Harry,
avant de penser à quelque chose. Au fait, je voulais te demander, tu as été
nommé Préfète-en-Chef, non ?
- Oui… ! répondit-elle en souriant. J’ai
su ça au début du mois, quand j’ai reçu la lettre de Poudlard… !
- Ca a dû te faire plaisir… !
- Bien sûr… ! assura-t-elle. Surtout
quand on sait que sur l’ensemble des quatre maisons, seuls deux Préfets sont
choisis pour être Préfet-en-Chef… !
- Ca arrive souvent que les Préfets-en-Chef
soient dans la même maison… ?
- C’est rare… ! Mais ça arrive… !
répondit Lily. Pourquoi ? Potter a eu aussi le poste ?
- Euh…oui… !
- Super ! grommela-t-elle. Il manquait
plus que ça… ! Ca va encore être à moi de me taper tout le boulot… !
- Sait-on jamais… ! répondit,
tranquillement, Harry. Il peut te réserver des surprises… ! »
Lily éclata de
rire.
« Le jour où
Potter prendra ses responsabilités, les Veracrasses auront des
dents ! »
Harry jugea
préférable de ne rien dire, puis il repensa à quelque chose.
«- Dis, euh… tu
vois, j’ai pas acheté de cadeau à James pour son anniversaire et… ! Donc
ben, je comptais le lui acheter aujourd’hui mais… !
- Et tu voudrais que je t’accompagne ?
déduisit-elle.
- Euh ouais… ! Surtout pour… me servir
de guide… ! répondit Harry, un peu gêné.
- Pas de problème… ! Il faut juste
que… ! POTTER !
- Quoi ? demanda l’intéressé, cessant à
peine sa conversation avec ses amis pour se tourner vers elle. Qu’est-ce qu’il
y a ?
- Je vais montrer un truc à Harry… ! prétexta-t-elle.
Alors, vous trois, vous faites ce que vous avez à faire, nous, on fait ce qu’on
a à faire et on se retrouve quelque part… !
- Pourquoi pas… ! répliqua James en
haussant les épaules. Pourquoi pas devant chez Florian Fortarôme à midi… ?
- Pas de problème… ! »
assura-t-elle, tout en jetant un bref regard à Harry qui approuva d’un signe de
tête.
Sur ce, les cinq
adolescents se séparèrent.
* * * * *
«- Tu comptes le
lui donner quand ? demanda Lily, alors qu’ils se frayaient un chemin à
travers la foule opaque, trois quart d’heure plus tard, tandis que Harry
rangeait le paquet dans son sac.
- Sûrement ce soir, quand on rentrera chez
lui… !
- Hum ! Il n’empêche…, je sens que ce
cadeau va lui plaire… mais je sens aussi que ça va aussi signifier des points
en moins… ! » soupira-t-elle.
Harry préféra ne
pas répondre à cette remarque, mais ne put réprimer un sourire.
«- Merci de
m’avoir accompagné… ! lança-t-il à la place, avant de jeter un regard à sa
montre. Et bien, on a juste le temps de remonter tranquillement jusqu’au
glacier… !
- Oui… ! Sauf que je voudrais juste voir
un petit truc à l’animalerie… ! intervint Lily. C’est sur la route de
toute façon.
- Pourquoi ? Qu’est-ce que tu veux voir
là-bas, si ce n’est pas indiscret… ?
- Oh, ben, j’aimerai voir un peu les chats
qu’ils vendent là-bas… ! Maintenant, plus rien ne m’empêche d’en avoir
un…, si ce n’est son prix… ! »
- Ah… ! Ben, allons-y dans ce
cas… ! » approuva Harry.
Ils ne tardèrent
pas à atteindre la Ménagerie Magique, où Lily trouva rapidement le coin
où se trouvaient une diversité de chats de toutes races et de toutes couleurs
de pelage.
« Oh,
regarde ceux-là… ! » s’exclama-t-elle soudain. Ils sont trop
adorables ! »
Harry suivit son
regard et ne put s’empêcher de sourire devant la portée de petits chatons qui
s’agitaient dans une des “cages” vitrées.
«- Ils ont six
semaines… ! intervint une vendeuse derrière eux, les faisant tressaillir.
Dans un peu plus de quinze jours, ils pourront être vendus… !
expliqua-t-elle. Ils vous plaisent… ?
- Oh oui… ! acquiesça Lily. Ils sont
vraiment trop mignons… ! Mais… ! Je dois y réfléchir… ! Merci
quand même pour les renseignements… !
- A votre service ! » répondit la
vendeuse en lui souriant.
Les deux
adolescents quittèrent la boutique.
«- Quatre
Gallions, c’est pas un peu cher pour un chaton ? demanda Lily.
- Je ne sais pas… ! répondit Harry. Non,
je pense pas… ! C’est le prix qu’une amie avait acheté son chat(nda :
Tiens, c’est vrai qu’on ne sait pas combien Hermione a acheté
Pattenrond… ! Enfin, en tout cas, à moins de dix Gallions)… ! Et
encore c’était un animal qui était là depuis des années et que la vendeuse
n’arrivait pas à vendre… !
- Donc c’est un prix acceptable pour un petit
chaton… ! déduisit Lily. Donc je pourrai en prendre un… ! Mais le
problème c’est que, dans deux semaines, on sera à Poudlard…, et… ! »
Elle n’eut pas le
temps de s’attarder plus sur le sujet car, au même instant…
« Evans,
Harry ! »
Les deux se
retournèrent, pour apercevoir les trois Maraudeurs arriver vers eux avec
enthousiasme.
« Et bien, ça
tombe bien… ! s’exclama Sirius. Ca nous évitera d’aller jusqu’à chez
Fortarôme… ! Vu que vous êtes là… ! »
* * * * *
Deux heures s’étaient
écoulées, alors que le petit groupe se baladait gaiement dans l’allée
principale, s’attardant devant diverses vitrines, bien que Lily, perdue dans
ses pensées, ne portait pas un grand intérêt à ce que les garçons faisaient.
«- Oh et puis,
zut ! s’exclama-t-elle soudain, alors que James et Sirius essayaient
d’entraîner les autres au Magasin d’Accessoires de Quidditch.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Harry.
- Ecoute, il faut vraiment que je retourne à
la Ménagerie Magique… !
- Tu veux que je vienne avec toi ?
proposa l’adolescent.
- Non, c’est bon… ! De toute façon, je
ne serait pas longue… ! Je vais juste lui demander s’il ne lui serait pas
possible de m’en réserver un et de me l’envoyer à Poudlard quand il sera
sevré… !
- Tu es sûre que tu ne veux pas que
je… ?
- Non, ça ira… ! J’suis une grande
fille, après tout… ! répondit-elle en souriant. Et puis, te connaissant,
j’suis sûre que tu as envie de faire du “lèche-vitrine” devant ce magasin de
Quidditch… ! Je suppose que je vous retrouverai quelque part entre ici et
Fleury et le Chaudron Baveur… !
- Sûrement, étant donné qu’on doit retrouver
la mère de James et celle de Sirius là-bas, d’ici une heure… ! »
Sur ce, Lily
partit, alors que Harry restait avec les Maraudeurs.
«- Tiens, Evans
n’est pas là ? s’étonna Sirius, alors qu’ils vagabondaient dans la
boutique.
- Elle devait aller voir un truc… !
répondit Harry.
- Ah… ! Eh, Harry, vu qu’on n’est plus
que nous quatre… ! Je voulais te demander… ! Ca avance ton “travail”… ?
s’enquit Sirius, en baissant la voix.
- Euh…oui… ! Depuis quelques temps, je
fais des rêves un peu étranges… ! Mais James dit que c’est normal… !
- C’est même tout à fait normal… ! Tu es
sur la bonne voie mon gars ! s’enthousiasma Sirius en lui administrant une
tape dans le dos. Finalement, peut-être que Corny n’avait pas tort au sujet du
fait que tu pourrai trouver ta forme d’Animagus avant Noël… !
- Eh, venez voir… ! » les
interpella soudain James, les tirant de leur conversation.
* * * * *
Dans les environs
de quinze heures, les garçons ayant quitté (à regret, pour James et Sirius,
qu’il avait fallut arracher de la contemplation d’un nouveau prototype de
balai) le Magasin d’Accessoires de Quidditch, repartaient en direction
du Chaudron Baveur.
«- Dites, vous ne
trouvez pas ça bizarre que Lily ne nous ait pas rejoint… ? demanda soudain
Harry.
- Ah tiens, c’est vrai qu’elle n’est pas
là… ! réalisa James, semblant se rendre enfin compte de l’absence de la
jeune fille. Elle est partie où ?
- Ben, elle m’a dit, alors que vous rentriez
dans la boutique de Quidditch, qu’elle devait aller voir un truc à la Ménagerie
Magique, mais qu’elle ferait vite… ! expliqua Harry. Mais je commence
à me poser des questions… ! Ca fait quand même près d’une heure qu’elle
est partie… !
- Bah, elle est peut-être passée devant la
boutique sans nous voir… ! suggéra Sirius. Et puis, de toute façon, c’est
rien… ! Elle sait qu’on a rendez-vous avec ma mère et celle de Corny à
quinze heures au Chaudron Baveur. Elle nous retrouvera là-bas… ! Si ça se
trouve, elle doit déjà y être… ! »
Les trois autres
acquiescèrent, mais Harry n’en restait pas main totalement convaincu. Et puis,
pourquoi avait-il un désagréable pressentiment… ? Il chassa cependant son
idée de son esprit, alors que tous les quatre continuaient leur route vers le
Chaudron Baveur.
Pourtant, il
avait beau faire, il ne parvenait pas à extraire cette inquiétude de son
esprit, et jetant un regard autour de lui, il constata que Remus aussi
paraissait soucieux. Et Harry savait qu’on pouvait faire confiance à l’instinct
du jeune lycanthrope. Mais le Maraudeur secoua la tête, comme s’il chassait
quelques idées de ses réflexions.
Finalement, ils
arrivèrent au Chaudron Baveur, vers quinze heures cinq…, et y aperçurent
Elizabeth, Pollux et Casiopée, mais aucune trace de Lily.
«- Décidément, je
persiste à croire qu’on devrait essayer de la trouver… ! lança Harry.
- Je suis du même avis que Harry ! approuva
Remus. C’est peut-être une impression mais… !
- C’est vrai que ça ne ressemble pas à Evans
de ne pas être à l’heure… ! admit James, alors que Sirius approuvait d’un
signe de tête. Ecoutez, voilà ce que je vous propose, Harry et moi, on va retourner
jusqu’à l’animalerie pour essayer de la trouver… ! Et vous, Rem et Sirius,
vous allez voir ma mère et vous lui inventez un bobard quelconque pour
expliquer notre retard… ! »
Sur ce, le petit
groupe se sépara comme convenu, et Harry et James repartirent dans l’autre
sens.
«- Qu’est-ce que
tu as dit qu’elle allait faire ? demanda James, alors qu’ils repartaient à
travers la foule.
- Elle voulait voir un truc à la Ménagerie
Magique… ! J’ai proposée de l’accompagner mais elle a dit que ce
n’était pas la peine et qu’elle ne serait pas longue… ! Et qu’elle nous
retrouverai entre le Magasin de Quidditch et le Chaudron Baveur… !
- Hum… ! Bon, on va aller jusqu’à
l’animalerie…, et, si on ne la retrouve pas, on fera tout le chemin en sens
inverse… ! »
Comme prévu, ils
parcoururent le Chemin de Traverse, jusqu’à la Ménagerie Magique, sans
voir la moindre trace de Lily.
«- C’est pas
possible ! s’énerva James. Où peut-elle bien être passée… ! Ce n’est
pas comme si elle passait facilement inaperçue… !
- On pourrait peut-être demander à la
vendeuse de la boutique… ! suggéra Harry, en désignant l’animalerie. Elle
pourra au moins nous indiquer quand elle est partie… !
- On a rien à perdre à essayer… ! »
Sur ce, tous deux
entrèrent dans la boutique, alors qu’un client quittait le comptoir, où se
trouvait ladite vendeuse.
«- Je peux faire
quelque chose pour vous ? demanda-t-elle, en apercevant les deux
adolescents venir vers elle.
- Euh oui… ! répondit Harry. Vous
n’auriez pas vu une jeune fille aux cheveux auburn et aux yeux verts
dernièrement… !
- La jeune fille avec qui vous regardiez les
chats un peu plus tôt ? demanda la sorcière.
- Euh oui, c’est elle… ! Alors… ?
- Et bien, elle est repassée il y a un peu plus
d’une heure de cela…, mais ça fait plus de quarante-cinq minutes qu’elle est
repartie… !
- Et… par où… ? insista James.
- Je l’ai accompagnée jusqu’au seuil, vu que
je n’avais pas d’autre client et… ! Enfin bref, elle est repartie vers le
haut du Chemin de Traverse… ! »
Les deux garçons
échangèrent un regard. Ils auraient donc bien du la croiser en cours de route.
«- Euh…, ben
merci… ! reprit, finalement, James. Passez une bonne fin de
journée… ! ajouta-t-il, avant de quitter le magasin, Harry à sa suite.
Mais où peut-elle bien être ?
- Je sais pas, mais on n’a plus qu’à remonter
nous aussi en regardant bien autour de nous… ! »
Et c’est ainsi
que les deux adolescents repartirent vers le Chaudron Baveur, arrêtant
régulièrement des passants qui leur confirmait tous qu’elle était remontée dans
cette même direction…, jusqu’à ce que… !
«- Euh oui, j’ai
aperçu une jeune fille correspondant à cette description, mais elle n’était pas
seule… !
- Ah bon… ? s’étonna James. Elle était
accompagnée ?
- Oui… ! Par une dizaine de jeunes
d’environs votre âge… ! Et… !
- Quand ça… ! le coupa James.
- Il y a bien dix minutes… !
- Euh, merci… ! »
Les deux
adolescents repartirent aussitôt.
« Ca ne me
dit vraiment rien qui vaille… ! grommela James, alors qu’ils repartaient.
Et peut-être que… ! »
Harry
l’interrompit soudain d’un geste, lui faisant signe de s’arrêter. Le Chemin de
Traverse s’était considérablement vidé en peu de temps, la plupart des gens se
trouvant à présent dans le bas de l’avenue principale, ou repartis… !
Interloqué, ils entendirent des éclats de voix, dont une étrangement familière
et traînante.
« Malefoy… !
siffla James. Et, avec sa bande…, ça doit bien faire une dizaine de
jeunes… ! » lâcha-t-il, avant de se ruer vers une petite ruelle qui
s’ouvrait sur leur droite, Harry à sa suite.
Cette petite
ruelle, qui devait probablement mener aux arrières-cours des boutiques
voisines, offrait un lieu parfait pour un règlement de compte.
« S’ils lui
font le moindre mal… ! » murmura James, alors qu’ils se
rapprochaient.
Mais ils n’eurent
pas besoin d’aller bien loin, pour obtenir une confirmation de leurs craintes,
alors qu’ils se figeaient soudainement en découvrant ce qui s’offrait à eux.
Le sang des deux garçons ne fit
qu’un tour en voyant Lily, par terre, qui fixait, les yeux pleins des larmes
qu’elle s’efforçait à grande peine de contenir, Lucius qui lui faisait face,
entouré par son habituelle brochette de Serpentard… ! Il avait beau avoir
fini sa scolarité à Poudlard, Malefoy n’en restait pas moins influent sur ses
anciens condisciples… !
Echangeant un bref regard entendu, les deux adolescents se ruèrent
sur le petit groupe qui menaçait la jeune fille.
« Stupéfix ! » lança
Harry, prenant soin de ne viser que les Serpentard, dont la moitié
s’écroulèrent sur le coup, à la stupéfaction de leurs ennemis encore “indemnes”
qui prirent enfin conscience de leur présence…
Mais avant que l’un d’eux ait eu le
temps de réagir, James s’était déjà jeté sur Malefoy qu’il avait soulevé du
sol, d’une main, alors que Harry tenait en respect les autres, tout en jetant,
du coin de l’œil, un regard à son ami qui secouait Lucius comme un prunier.
« Ne t’avises plus de
l’approcher, Malefoy ! lança James, la voix tremblante d’une colère froide
qu’il ne tentait pas de cacher. Ni même la toucher… ! »
Malefoy ricana, l’air pas plus
perturbé que ça par la menace de James.
« Oh Potter, je ne comptais pas
me salir les mains en touchant une Sang-de-Bourbe de son espèce… ! »
Il n’eut pas le
temps de dire quoi que ce soit d’autre que James le plaqua au mur. Lucius avait
beau avoir un an de plus que le Maraudeur, et faire une tête de plus que lui,
le Gryffondor ne s’en souciait pas, ni du fait que les autres Serpentard
s’avançaient, menaçant. Mais Harry, qui se tenait à présent près de Lily, les
garda à distance, sa baguette pointée vers eux.
« Qu’est-ce
que tu as dit, Malefoy… ! siffla James. J’ai cru mal
entendre… ! »
Le sourire de
Malefoy s’élargit.
« Oh,
Potter, tu prends la défense de cette Sang-de-Bourbe, maintenant ? »
Le poing libre de
l’intéressé s’abattit sur sa joue sans aucun signe avant coureur.
«- Potter, tu vas
payer cher d’avoir lever la main sur un Malefoy… ! grogna Lucius.
- Tu n’as pas à l’insulter… ! Tant que
ça ne sera pas rentré dans ce qui te sert de cerveau, je ne me gênerai pas pour
te frapper… !
- Tu es pitoyable, Potter… ! lâcha
Malefoy, en esquissant un sourire mauvais. Prendre la défense d’une fille comme
elle… ! Tu es tombé bien bas pour trouver le moyen de t’attacher à une
Sang-de… ! »
Un coup de poing
au creux de l’estomac le coupa net dans sa phrase, lui coupant le souffle
pendant quelques instants.
« Ecoute-moi
bien, Malefoy… ! Que les choses soient bien claires… ! Même si tu n’es
plus à Poudlard désormais… ! Ne vous avisez plus…, tes…“amis”, ou toi, de
quelque façon que ce soit…, de vous en prendre à Evans ou de l’insulter…, ou je
te jure que je trouverai le moyen de te le rendre… au centuple… !
Compris ? » le menaça James, plantant son regard brillant de colère
dans celui, stoïque, de Malefoy.
Tous deux se
défièrent un long moment du regard.
«- Lâche-moi,
Potter… ! intima finalement Malefoy.
- Pas tant que tu n’auras pas assuré que tu
ne t’en prendra plus à elle… !
- Dans tes rêves, Potter… ! Je ne
m’abaisserai jamais à une chose pareille… ! Peut-être que toi, ça ne te
dérange pas, mais, en ce qui me concerne, jamais un Malefoy ne s’abaissera à
considérer une de ces erreurs de la nature qui ne devraient même pas se trouver
dans une école de sorcellerie… ! »
Cette fois, le
Maraudeur le fusilla du regard et lui envoya une fois de plus son poing à la
figure, sous le regard stupéfait de Harry, qui abaissa du même coup sa
baguette. Les toutous de Lucius sautèrent sur l’occasion, et une pluie de coups
débuta alors, les Serpentard essayant vainement de protéger leur chef des coups
du Gryffondor.
Harry, passé le
premier moment d’étonnement, délaissa une Lily encore sous le choc, se reprit,
et se lança dans la bagarre, de façon un peu plus orthodoxe, autrement dit, en
stupéfixant, un par un (pour ne pas risquer de toucher James dans ce désordre)
les Serpentard, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Lucius et James, mais
alors… !
« JAMES
FRANCK POTTER ! »
Le combat cessa
aussitôt, alors qu’Elizabeth, suivit par Casiopée, Pollux, Remus et Sirius (ces
deux derniers restèrent bouche-bée en découvrant ce qui s’était passé).
« Tu n’as
pas honte ? demanda calmement Elizabeth.
- Mais, m’man ! Il l’a traité de… !
- Il y a d’autre façon de régler ses
différents que par la violence… ! rétorqua Elizabeth, affichant le même
calme trompeur. Et tu le sais… ! Que va dire ton père quand il découvrira
que tu te bats comme un chiffonnier dans une ruelle… ? »
James resta
silencieux, le nez en sang, tout en continuant à adresser un regard noir à
Malefoy qui, lui, affichait un air suffisant, malgré un œil déjà bien enflé,
une joue qui virait au bleu et une lèvre en sang. Mais son sourire disparu,
lorsque Elizabeth le fusilla, à son tour du regard.
«- Allez,
partons, nous verrons ça à la maison… ! conclut-elle, avant de se tourner
vers Lily et Harry qui se trouvaient près de Casiopée.
- Tu me le payeras, Potter… ! »
lâcha Malefoy, alors que le Maraudeur passait près de lui, lui décochant un
dernier regard menaçant.
Le retour se fit
dans une ambiance plus tendue qu’à l’aller, James se contentant de garder la
tête baissé, Harry, Sirius, Remus et Lily n’en disant guère plus. Une fois
arrivés au Manoir Potter, après avoir pris congé des Black (en dehors de
Sirius), Elizabeth envoya les adolescents à l’étage, alors qu’elle “s’occupait”
de son fils.
«- Oulà,
j’aimerai pas être à la place de Jamsie… ! soupira Sirius. Il va passer un
mauvais quart d’heure ! Et pourtant, sa mère reste toujours d’un calme
impressionnant… ! N’empêche, j’aurais pas aimé être à la place de
Malefoy… !
- A vrai dire, il l’avait bien
cherché… ! répliqua Harry, assis sur son lit, à côté de Lily qui n’avait
pas prononcé le moindre mot depuis l’incident.
- Il l’a traité de… ? supposa Remus.
Enfin, tu vois ce que je veux dire… !
- Oui… ! Du moins quand James et moi, on
est arrivés… ! Mais je ne sais pas ce qui s’est passé avant, et je ne
crois pas que Lily ait envie d’en parler… ! »
Comme pour
confirmer ce que Harry venait de dire, elle baissa un peu plus les yeux.
«- En tout cas,
James était fou de rage… ! continua Harry. Et Malefoy trouvait encore le
moyen de le provoquer… !
- Ça, c’est du Malefoy tout craché !
observa Remus. Mais, dis-moi, Harry, c’est toi qui t’es occupé des
autres… ?
- Euh oui…, pourquoi ?
- En tout cas, tes sortilèges de Stupéfixion
sont efficaces… !
- N’empêche, j’espère que ce qui s’est
passé ne va pas nuire aux chances de Jamsie d’aller voir le
match… ! » conclut Sirius.
Et la discussion
repartit de plus belle, alors que Remus répliquait qu’il y avait des choses
plus importantes que le Quidditch…. Mais tous se turent lorsque, une bonne
demi-heure plus tard, la porte s’ouvrit sur un James à l’air penaud, mais sans aucune
trace des coups qu’il s’était pris durant l’altercation.
« Alors ? »
s’enquit Sirius.
James se contenta
de hausser les épaules.
«- Comme
d’habitude… ! soupira-t-il. J’ai eu le droit à la rengaine habituelle,
mais je ne suis pas puni, c’est déjà ça…, ma mère étant d’accord sur le fait
que Malefoy l’avait bien cherché, mais que j’aurai pu régler ça différemment,
plutôt que d’en venir aux poings… !
- N’empêche, tu lui as sacrément bien arrangé
le portrait, à Malefoy ! observa Sirius, en affichant un léger sourire.
- Peut-être bien…, mais ça va remonter
jusqu’à mon père…, et là, ça va être autre chose ! » grommela James.
Un moment de
silence s’ensuivit.
«- Au fait,
Evans, ça va ? s’enquit le maître des lieux, en se tournant vers la jeune fille
qui acquiesça d’un signe de tête.
- Merci pour ce que vous avez fait, tous les
deux ! » lâcha-t-elle dans un murmure.
* * * * *
L’incident étant
visiblement considéré comme clos, les choses revinrent à la normale chez les
Potter, pour le restant de la journée. Lily avait regagné sa chambre, alors que
Remus et Sirius s’installaient dans la chambre de leur ami, comme à leur
habitude. Et le reste de l’après-midi s’était tranquillement passé, entre des
parties de bataille explosive, un bon goûter sur la terrasse et une lutte
acharnée, entre Sirius, James et Harry, alors qu’ils faisaient une course en
balai…
Ce ne fut qu’un
peu plus tard dans la soirée que Harry repensa au cadeau qui traînait toujours
dans son sac.
«- Eh,
James ! l’interpella Harry, alors que ce dernier, débattait d’un sujet
quelconque avec Sirius et Remus sur le balcon de sa chambre.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda
l’intéressé.
- Euh, j’voulais te donner ça… ! lança
Harry, en lui tendant le paquet qu’il venait de sortir de son sac.
- Oh… ! Harry, tu sais, fallait
pas… ! C’était vraiment pas la peine… ! » répliqua James, pris
au dépourvu.
Harry haussa les
épaules, alors que, les deux autres Maraudeurs s’approchaient à leur tour,
curieux. Finalement, James se décida à ouvrir le paquet, et en tira, avec
étonnement, un épais livre intitulé “milles et une idées pour réaliser des
blagues inoubliables”, dont les lettres dorées s’étalaient sur la
couverture en cuir, entourant une gravure aux formes compliquées.
« Euh,
merci… ! » commenta James, en feuilletant rapidement l’objet, avant
de découvrir que le livre comportait une autre partie.
Il leva un regard
interrogateur vers Harry. Celui-ci sourit et prit sa baguette.
« Pour la
suite, du cadeau, il te suffit de placer ta baguette là ! expliqua-t-il,
en pointant sa baguette au centre de la gravure. Frĕmŏr
pāgĭnarum ! »
Un frémissement
parcouru les feuilles comme si elles avaient soudain été dotée d’une vie qui leur
était propre. Puis, il y eut un déclic et le livre s’ouvrit en deux, révélant
une cavité remplie d’objets de farces et attrapes en tout genre.
«-
Ingénieux… ! commenta Sirius, tout en laissant échapper un petit
sifflement admiratif. C’est une bonne planque… ! Personne n’aurait l’idée
de venir chercher des objets interdits à Poudlard dans un livre… ! Tu as
trouvé ça où… ? demanda-t-il, à l’adresse de Harry.
- Ah, ah ! Secret…! rétorqua énigmatiquement Harry, en souriant. C’était une nouveauté
et ces livres contiennent des échantillons de produits qui ne sont pas encore
mis en vente dans les boutiques européennes… ! précisa-t-il, à l’adresse
de James qui jetait un regard intéressé aux divers objets qui s’y trouvaient.
Et après, tu n’as plus qu’à le refermer pour qu’il reprenne un aspect de
livre… ! »
James acquiesça
d’un signe de tête, et lui adressa un large sourire.
«- Merci,
Harry… !
- De rien… ! » rétorqua Harry en
souriant à son tour.
* * * * *
« Allez,
Corny, debout !!!! »
Ce fut ce cri de Sirius qui réveilla tout le monde, le lendemain
matin, dans la chambre de James.
«- Laisse-moi
dormir tranquille, Patmol… ! grogna-t-il, en mettant sa tête sous son
oreiller.
- Allez, Potter, on se bouge,
paresseux… ! » insista Sirius, sous le regard interloqué, de Harry et
Remus qui avaient été brutalement tirés du sommeil par le premier cri de
Sirius.
Celui-ci,
semblant constater qu’il n’arriverait pas à ses fins de cette façon, décida
d’employer les grands moyens, en se jetant, de tout son poids, sur le lit de
son meilleur ami.
« Eh, ça va
pas … ! » protesta James.
Mais il fut
interrompu par un miaulement furieux et un cri de douleur de Sirius qui
s’éloigna précipitamment en sautillant sur un pied, tenant à deux mains sa cheville
gauche ensanglantée, alors que les trois autres éclataient de rire. En effet,
en sautant comme il l’avait fait sur le lit de James, Sirius avait, en même
temps, écrasé Gaïa qui n’avait pas du tout aimé être réveillé de cette façon.
Le chat était désormais debout sur le lit, le poil hérissé, les griffes sortis,
miaulant de façon menaçante.
«- Eh, tout doux
le fauve… ! s’exclama Sirius. Je t’avais pas vu, mais c’est pas une raison
pour te mettre dans cet état… !
- La prochaine fois, tu y réfléchiras à deux
fois avant de me sauter dessus de si bon matin… ! répliqua James, qui
était finalement sortit de dessous son oreiller et souriait machiavéliquement
tout en caressant son chat dont la colère était aussitôt retombée et qui était,
à présent, pelotonné contre son maître. Tu es un brave chat, toi !
- Mais, dis-moi, Patmol, si tu nous disais ce
que nous vaut un réveil aussi matinal… ? demanda Remus, amusé, tout en
jetant un regard à sa montre. Alors qu’il n’est que cinq heures du
matin… ?
- Quoi… ? Il est que… ? s’étrangla
James. Ouais, tu as intérêt à avoir une sacré raison parce que sinon… !
- Y a le match aujourd’hui, tu as oublié ou
quoi ? riposta Sirius. Et, dans ce cas, faut y aller tôt… ! »
Cette remarque
suffit à finir de réveiller ses camarades, et James quitta d’un bond son lit,
au mécontentement de son chat qui se retrouva sur le matelas.
« Oh,
excuse-moi, Gaïa ! » lança James, tout en mettant ses lunettes.
* * * * *
Il y avait déjà
foule lorsque les cinq adolescents, accompagnés d’Elizabeth, arrivèrent, vers
huit heures, sur les lieux qui avaient été aménagés pour accueillir le stade de
Quidditch où aurait lieu le match Angleterre/Etats-Unis qui commencerait à
quatorze heures.
Les lieux étant
construits sur une vague forme de “U” autour du stade, des zones avaient été
créées pour accueillir les spectateurs et les joueurs. N’étant pas un match à
aussi grande importance que la Coupe du Monde de Quidditch, un des stades déjà
existants avait suffit, en un lieu incartable et à l’écart du monde Moldus.
Elizabeth mena ainsi les jeunes qui l’accompagnait dans un des bâtiments
voisins du stade, où, visiblement, se trouverait la plupart des gens liés au
Ministère. Le petit groupe se retrouva ainsi dans un salon confortable.
«- Bien, il ne
reste plus qu’à attendre… ! soupira Mrs Potter.
- M’man, on peut aller faire un tour ?
demanda James au bout d’un moment.
- Bien sûr, à condition que vous vous teniez
à carreau…, c’est bien compris, Jimmy ?
- Oui, maman ! » répondit ce dernier,
en grimaçant à l’allusion de ce qui s’était passé la veille.
* * * * *
A l’heure du
déjeuner, Sirius, James et Harry discutaient avec enthousiasme, commentant
leurs achats et établissant des pronostics sur le match à venir, sous le regard
mitigé des trois autres.
«- Non, moi je
dis que c’est l’Angleterre qui va gagner… ! assura James. Ils ont une
excellente attaque… !
- D’accord, mais leurs Batteurs manquent de
force, ça pourrait leur jouer des mauvais tours… ! rétorqua Sirius. Leur
défense s’en retrouve affaiblie… !
- Moi je dirai plutôt que les Etats-Unis vont
mener au score mais que l’Angleterre va mettre fin au match… ! répliqua
Harry, qui s’était renseigné sur les particularités des deux équipes.
L’Attrapeur anglais est meilleur que celui de l’équipe américaine… !
- Peut-être… ! Enfin, l’essentiel c’est
que les anglais gagnent… ! conclut James. D’ailleurs, vous saviez que
c’était Lewis qui allait commenter le match ?
- Lewis ? Le Poursuiveur des Canons de
Chudley ? ricana Sirius.
- Ouais, lui-même… ! répliqua James. Et
alors ?
- Et alors ? Ce sont des ratés… !
La dernière victoire de l’équipe remonte à 1892… ! Ce sont les nuls et les
cas désespérés qui intègrent cette équipe… ! Et… ! »
James lui plaqua
la main sur la bouche pour le faire taire et Lily et Remus soupirèrent de
soulagement.
* * * * *
«- N’empêche,
c’est quand même bien pratique d’avoir des relations au Ministère !
commenta Sirius, en entrant dans l’enceinte des tribunes.
- De toute façon, ma mère dit que, désormais,
on n’obtient plus rien sans relations… Le fonctionnaire est tout aussi
corrompu, si ce n’est plus, que le politicien… Surtout depuis quelques années…
Mais c’est vrai que, dans ces cas-là, on est content d’avoir des parents qui
travaillent pour le Ministère !
- C’est sûr… ! acquiesça Sirius. Surtout
pour avoir d’aussi bonnes places…, dans les tribunes principales… !
- Oh non… ! » le coupa soudain James.
Ses camarades,
surpris, suivirent son regard, pour apercevoir Franck Potter qui venait dans
leur direction, tout en rangeant sa baguette.
« Et voilà,
il manquait plus que lui pour gâcher ma bonne humeur… ! grommela James. Ca
faisait longtemps, tiens… ! »
L’Auror, semblant
alors les apercevoir, vint vers eux, sans la moindre esquisse de sourire sur
son visage sévère.
«- Ah,
Franck ! s’exclama Elizabeth, en souriant à son mari. Je me demandais si
on aurait l’occasion de te voir tout de même, aujourd’hui… !
- Comme tu peux le voir, nous n’avons pas vraiment
de temps à nous… ! répliqua Franck. Il faut constamment faire le tour du
stade, s’assurer que tout est en ordre…, bref assurer la
sécurité… ! »
Il sembla alors
s’apercevoir de la présence des adolescents.
« Et ben,
c’est toute une petite bande que tu nous amènes là, Lizzie !
commenta-t-il, son regard passant sur les cinq adolescents, s’attardant un bref
instant, affichant une expression intraduisible, sur la jeune fille qui restait
en retrait des garçons, puis se tourna vers son fils, l’air dur. En ce qui te
concerne, j’ai entendu parler de… tes exploits d’hier sur le Chemin de
Traverse…, et tu peux être heureux que je n’ai pas de temps pour m’occuper de
ça… ! »
En réponse, le
regard de l’adolescent se durcit un peu plus, mais Franck avait déjà cessé de
lui prêter attention.
« C’est pas
tout ça, mais le devoir m’appelle ! conclut-il. Au fait, Lizzie,
contrairement à ce qui était prévu, je ne rentrerai pas ce soir… ! On a
une réunion de dernière minute au Ministère… ! »
Sur ce, il
disparu dans la foule des sorciers sans cesse plus dense. Elizabeth soupira,
secouant tristement la tête.
« Bon, allez
tous les cinq, allons s’installer… ! » lança-t-elle, avant
d’entraîner les adolescents à sa suite, posant la main sur l’épaule de son
fils.
* * * * *
« Eh,
regardez qui voilà ! » souffla Sirius, alors qu’ils attendaient,
installés dans les tribunes principales, en désignant quelqu’un parmi la
trentaine de sorciers qui se trouvaient là.
Ses amis, suivant
la direction qu’il indiquait, ne purent réprimer un sourire en apercevant
Malefoy, un œil joliment bleui (seul vestige de la mémorable dispute de la
veille), en compagnie de ses parents et ne semblait pas avoir remarqué leur
présence.
« Eh, ça lui
va bien, le bleu… ! » ricana Sirius, en se rasseyant correctement,
alors qu’Elizabeth les rappelait à l’ordre.
Les autres
sourirent, ne pouvant qu’approuver.
« Eh, les
gars ! »
Les trois
Maraudeurs se retournèrent, pour apercevoir Ludovic Verpey quitter
précipitamment sa place, à deux rangées derrière eux, pour les rejoindre.
«- Eh,
Ludo… ! Content de te voir… ! s’exclama Sirius. Qu’est-ce que tu
deviens… ?
- J’suis dans l’équipe de réserve des
Frelons ! annonça fièrement Ludovic.
- Félicitation, Ludo… ! répliqua James,
en souriant. Euh, m’man, je te présente Ludovic Verpey, il jouait comme Batteur
dans notre équipe…
- Oh, bonjour, Mrs Potter ! réalisa
Ludovic, en saluant rapidement la mère de son ancien Capitaine. Bon, les gars,
c’est pas tout ça, mais je suppose que vous êtes pour l’Angleterre… !
- Non, tu crois… ? ironisa Sirius.
- Parce que, franchement, ça serait du
lèse-majesté que de ne pas être pour la victoire de notre équipe
nationale… ! conclut Ludo. Oh, on m’appelle, excusez-moi mais j’dois y
aller… ! J’ai été ravi de vous revoir… ! »
Sur ce, il
repartit rejoindre ses parents, à sa place.
« Toujours
fidèle à lui-même… ! commenta James, amusé. Mais c’était aussi un bon
Batteur… !
- Hum… ! Et il va falloir que tu trouve
quelqu’un pour le remplacer… ! observa Sirius.
- Je sais, mais on aura tout le temps de voir
ça quand on sera à Poudlard… ! »
Comme pour
confirmer les propos de James, Charles Lewis, le Poursuiveur des Canons,
pénétra dans les tribunes, en compagnie du Ministre anglais de la Magie
lui-même, Alexander Rétin (surnommé Alec…), et les responsables de la
Coopération Internationale Magique des deux pays participants au match, un
certain Fréjus de Chocete, représentant les Etats-Unis, et Alain Bécil, celui
de Grande-Bretagne. Une fois que les quatre personnalités eurent prirent place
dans les tribunes, un moment de silence s’instaura parmi la foule compacte qui
avait envahi les gradins, alors que Lewis effectuait les derniers préparatifs.
« Bienvenue
à vous tous et merci à vous pour être venus aussi nombreux pour assister à ce
dernier match éliminatoire qui opposera, aujourd’hui, l’équipe de
Grande-Bretagne à celle des Etats-Unis, et sera donc déterminant pour savoir
laquelle de ces deux équipes participera à la prochaine Coupe du Monde… !
annonça le Ministre. Mais, pour vous présenter les joueurs et vous commenter le
match, je laisserai la place à Charles Lewis, le Poursuiveur principal de
l’équipe des Canons de Chudley, qui s’est aimablement proposé après que notre
responsable du Département des jeux et sports magiques, Frederic Gépagañé ait
été, malencontreusement, victime d’une extinction de voix… ! »
* * * * *
«- Les Etats-Unis
mènent à présent par deux cents dix à soixante… ! annonça Lewis, au bout
de trois heures de jeu acharné. Et l’Angleterre est à l’attaque, Conrad Strauss
étant en possession du Souaffle ! Mais il semblerait que l’équipe anglaise
ne soit pas dans un bon jour… !
- Et c’est un gars des Canons qui dit
ça… ! siffla Sirius à l’adresse de Harry. Il est mal placé pour faire une
remarque… ! Mais c’est vrai qu’ils jouent pas forts aujourd’hui, nos
joueurs… !
- C’est pas fini… ! rétorqua James.
- Ben, si tu espère que les Poursuiveurs vont
inverser la vapeur, ils ont intérêts à se secouer parce que, pour l’instant,
tes bons Poursuiveurs de notre équipe anglaise ne se sont pas montrés très
performants… ! » riposta Sirius.
Au même instant,
comme pour donner raison à James, Alvin Campbell, un autre Poursuiveur de
l’équipe anglaise, marquait le septième but de son équipe, arrachant quelques
acclamations parmi les supporters anglais.
«- Tout n’es pas
encore joué, il suffit que l’Attrapeur anglais s’empare du Vif avant celui des
Etats-Unis… ! commenta Harry. Ils peuvent encore gagner… !
- Tu n’as peut-être pas tort… ! »
répliqua James.
Et,
effectivement, quelques minutes plus tard… !
« Alors que
les Etats-Unis menaient au score, nous venons d’assister à un soudain
revirement de situation, après que Léon Macarel, l’Attrapeur anglais se soit,
finalement, emparé du Vif d’or…, achevant ainsi le match sur le score de deux
cent vingt à deux cent dix… ! Ce sera donc l’équipe anglaise qui prendra
part au premier tour de la Coupe du Monde de l’année prochaine… !
s’exclama Lewis alors que, dans les tribunes, un tonnerre d’acclamations
s’élevait parmi les supporters britanniques. Et c’est ainsi que s’achève ce
dernier match éliminatoire… ! Passez une bonne fin de
journée… ! »
Sur ces mots, il
se hâta d’annuler le sort d’Amplification de voix et s’éclaircit la gorge.
« En tout
cas, je comprends mieux pourquoi votre commentateur habituel s’est fait une
extinction de voix… ! » commenta-t-il, d’une voix enrouée, à
l’adresse du Ministre de la Magie.
Mais, déjà, en
contre bas, les gradins commençaient à se vider, et Elizabeth songea plus sage
de laisser le gros de la foule passer, avant de quitter le stade.
«- En tout cas,
Harry, tu avais raison… ! reconnu Sirius. Tu avais bien deviné… !
- C’était juste un coup de chance… !
répliqua l’intéressé.
- Mais c’est une chance, Sirius, que tu n’ait
pas parié avec Harry ! commenta Remus.
- C’est sûr ! renchérit James. Harry
l’aurait plumé… ! Eh, Evans, alors, comment tu as trouvé le match ?
- Mieux que je l’aurai pensé… !
concéda-t-elle, passée le premier moment de stupeur du fait qu’il lui adresse
la parole de lui-même. Mais ça n’empêche que je ne vois toujours pas l’intérêt
d’un tel jeu… ! »
James secoua la
tête, levant discrètement les yeux au ciel, et repartit à sa conversation avec
ses amis.
« Bon, on va pouvoir y aller… ! décida
Elizabeth, au bout d’un moment, après avoir brièvement discuté avec Alexander
Rétin et les deux autres responsables de Départements. Nous rentrerons à la
maison, après un bref détour par le Ministère… ! »
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